Introduction par Arnaud Hego, Président de Cellenza

 

En ce 8 mars, journée internationale des droits des femmes, il me parait légitime et toujours nécessaire de réfléchir à la place des femmes dans les métiers de l’IT.

 

Depuis plus de 20 ans que je travaille dans ce secteur, j’ai peu croisé de femmes sur les plateaux de développement que j’ai eu le plaisir de visiter. C’est une constante et pourtant, nous sommes bien un secteur d’activité à très fort potentiel et dans lequel les femmes doivent prendre plus de place, toute leur place en somme.

 

Au-delà de l’absolue nécessité et non discutable d’arriver à une égalité réelle entre hommes et femmes, il me semble que c’est l’économie entière de la France qui en profiterait. A fortiori sur un marché « pénurique » en termes de ressources.

 

Je crois peu aux mesures coercitives que l’Etat met en place. Je crois beaucoup plus aux initiatives associatives, à la prise de conscience collective et je suis persuadé que les entreprises (en particulier celles du Numérique) ont un rôle essentiel à jouer pour que les choses évoluent favorablement.

 

Chez Cellenza nous soutenons ces initiatives (dont le WIT représenté chez nous par Nadège), et nous croyons fermement que l’égalité hommes-femmes est non seulement non-négociable, mais que nous avons collectivement et individuellement un rôle à jouer.

 

En conclusion, et puisqu’il parait que la Poésie est une arme chargée de futur, voici quelques vers de Louis Aragon :

« L’avenir de l’homme est la femme

Elle est la couleur de son Ame 

Elle est sa rumeur et son bruit

Et sans Elle, il n’est qu’un blasphème. »

 

Arnaud – Papa comblé de Victoria, 8 ans.

 

 

En cette journée particulière, ce sont 4 de nos Consultantes qui ont souhaité s’exprimer sur leur rôle de femme dans le milieu de l’IT : Manon, Nadège, Nathalie et Larysa ! Elles évoluent depuis plusieurs années dans un contexte masculin, ainsi elles nous racontent la découverte de ce secteur, mais également leurs expériences et leurs conseils.

 

 

 

Manon, 28 ans - Technical Officer Azure chez Cellenza

Son parcours : L’informatique m’a toujours intéressé sans que ce soit une passion. Après une prépa scientifique, j’ai fait une école d’ingénieur généraliste et après 2 ans de tronc commun, j’ai eu le choix entre plusieurs filières : Energétique, Mécanique, Bâtiment… Après pas mal d’hésitation, je me suis lancée et j’ai choisi de suivre la filière Informatique. Algorithmique, développement, infrastructure, télécommunications… les cours étaient variés ! J’ai terminé mon cursus par un contrat de professionnalisation et aujourd’hui je travaille encore avec quelques personnes rencontrées dans le cadre de ce contrat !

 

 

 

Nadège, 45 ans - Studio Manager chez Cellenza

Son parcours : Je suis dans le secteur de l’IT depuis le début de mes études. J’ai un parcours atypique car je suis électrotechnicienne de formation. J’ai fait un CAP/BEP électrotechnique puis je me suis orientée vers un BTS Informatique et Industriel. Durant mes études en électrotechnique, j’ai découvert la programmation des machines robotisées et donc au même moment le développement informatique. Après ce BTS en alternance, j’ai intégré directement le monde de IT !

 

 

Larysa, 32 ans - Consultante Intégration BizTalk chez Cellenza

Son parcours : Quand j’ai dû choisir mon orientation après le bac, la question de l’informatique s’est posée car ce secteur m’attirait. Une amie de ma mère travaillait dans ce domaine, elle me l’a vivement recommandé. J’ai postulé pour un IUT Informatique à Paris XIII, mes études m’ont conforté dans ce choix.

 

 

Nathalie, 26 ans - Consultante IA en alternance

Son parcours : À la suite de mes études de Droit je voulais mettre de l’IA dans l’environnement juridique pour soulever certains problèmes (l’engorgement des tribunaux, ou encore certaines tâches chronophages). J’observais pas mal de problèmes qui pouvaient être solutionnés grâce à l’IA. Je me suis donc lancée, de plus le domaine scientifique me manquait beaucoup.

 

 

Comment as-tu fait ta place en tant que femme dans un milieu très masculin ?

 

Manon : Cela fait un moment que j’évolue dans un milieu masculin : en prépa scientifique puis en école d’ingénieur, nous étions tout au plus 30% de femmes. L’écart a commencé à se creuser en intégrant la filière informatique en école d’ingénieur : 4 femmes pour 30 hommes… et c’était un record ! D’habitude, 1 femme choisissait cette filière tout au plus. Il s’agissait de la filière la moins féminine, le Bâtiment et la Mécanique attiraient plus de femmes ! J’ai donc pris ma place dans ce milieu naturellement, en faisant en sorte de faire mes preuves à chaque fois.

 

Nadège : J’ai de la chance car j’ai toujours fait des études en étant la seule fille de ma classe, j’ai donc toujours travaillé avec des hommes. Au départ il y a toujours un petit jeu de pouvoir, mais j’ai un caractère qui fait que je ne me laisse pas marcher dessus, donc je n’ai jamais eu de problème pour faire ma place. En revanche, au fur et à mesure de ma scolarité, je voyais les quelques filles de ma classe abandonner pour se tourner vers un autre secteur, et c’était bien dommage.   

 

Larysa : J’ai toujours très facilement trouvé ma place. La mixité est recherchée dans les équipes, les filles sont les bienvenues 😊

 

 

As-tu déjà rencontré des difficultés au cours de ta carrière ?

 

Nadège : Oui, une fois ! C’était des conditions particulières car j’étais enceinte, donc plus à « fleur de peau ». Je travaillais avec un responsable très machiste. En temps normal j’arrive à gérer ce genre de problème, mais au vu de ma grossesse et donc de cette période particulière, je me suis arrêtée très rapidement.  Cela avait un impact sur mon humeur et ma santé, et je ne voulais pas entrer en conflit avec cette personne.  

Sinon, globalement, je n’ai pas rencontré d’autres difficultés. Ce qui m’a aidé quand je suis passée manager, c’est mon expérience précédente de développeuse. Je pouvais donc les challenger, je connaissais le métier donc j’étais crédible. En tant que femme on doit donner 2 fois plus, montrer que l’on est capable 2 fois plus. C’est un combat, mais une fois que l’on est acceptées tout se met en place pour la suite.

Au début de ma carrière les difficultés n’étaient pas avec les dev directement, car je comprenais leurs problématiques, mais plutôt avec les personnes extérieures à l’informatique. Dans ces cas-là il faut avoir une certaine carrure pour s’imposer.

 

Nathalie : Pour le moment je n’ai pas rencontré de difficulté particulière, mais il y a toujours certaines personnes qui ont des stéréotypes. Ces préjugés sont tellement ancrés que cela peut créer un malaise parfois. Des réflexions toujours « sous couvert » d’humour mais qui peuvent se révéler blessantes.

 

 

Quelles actions mettre en place pour inciter les femmes à s’ouvrir au secteur de l’IT ?

 

Larysa : Combattre le préjugé que l’informatique est faite pour les hommes😊 Il faut que les filles soient plus visibles et surtout osent participer aux divers événements de l’écosystème (conférences, meetups, articles …). De plus, le domaine est très vaste, pas besoin de coder pour intégrer le milieu de l’informatique. Chacun peut y trouver son compte !

 

Nathalie : Je pense que les actions sont à mettre en place à l’école, dès la primaire. Mais attention, certaines initiatives instaurées pour attirer les femmes peuvent avoir un impact positif, mais elles présentent aussi quelques limites. Par exemple, certaines écoles ou sociétés s’engagent à respecter un pourcentage minimum de femmes. Un pourcentage minimum qui laisse à penser, auprès de certains hommes, que le recrutement de femmes n’est pas révélateur du niveau de leur compétences, mais plutôt pour respecter le pourcentage instauré par l’établissement. 

A titre d’exemple, cette année notre promotion a recruté 80% de femmes, des femmes très compétentes qui ont vraiment leur place ici. Cependant, ce chiffre laisse tout de même perplexe certains hommes de la promo…

 

Manon : Ce n’est pas évident, je pense qu’il faut agir dès les études supérieures et même avant, pendant la scolarité. A notre niveau, on peut montrer que c’est possible de travailler dans le secteur informatique en étant une femme, pour que les plus jeunes puissent s’identifier. Se rapprocher d’associations qui vont dans ce sens pourrait éventuellement avoir plus d’impact.

 

Aujourd’hui bien que le monde du numérique est représenté par une minorité de femmes, beaucoup d’associations telles qu’« Elles bougent », « Pascaline » ou encore le WIT (Women In Technology), une association qui nous tient particulièrement à cœur chez Cellenza (nous vous en parlerons dans un prochain article), naissent et voient le jour.

De plus en plus d’entreprises mettent en valeur la mixité et son réel impact sur la performance de l’entreprise. Globalement, les femmes qui intègrent le secteur de l’informatique et du numérique ne semblent pas souffrir de discrimination. Etant dans un secteur très porteur, beaucoup de nouveaux postes voient le jour, répondant au plus près à leurs attentes.  

Il reste néanmoins du chemin à parcourir, des actions à mettre en œuvre pour avancer sur ces sujets fondamentaux, lutter contre les pénuries et attirer plus de femmes dans un secteur encore très (trop) stéréotypé.    

 

 

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